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 l'histoire des mesirables

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كاتب الموضوعرسالة
thug-life



عدد المساهمات : 167
تاريخ التسجيل : 02/12/2009

مُساهمةموضوع: l'histoire des mesirables   السبت ديسمبر 05, 2009 2:15 pm

Le roman [modifier]
Genèse [modifier]
Préoccupé par l'adéquat entre la justice sociale et la dignité humaine, Victor Hugo a déjà écrit en 1829 Le Dernier Jour d'un condamné, long monologue et réquisitoire contre la peine de mort. Il poursuit en 1834 avec Claude Gueux. En 1845, il entreprend une grande fresque épique qu'il intitule d'abord Les Misères, dans laquelle le personnage principal se nomme Jean Tréjean. Il interrompt sa tâche en février 1848, mais écrit à la même époque son Discours sur la misère (1849).

Durant son exil, après la rédaction des Contemplations (1856) et de la Légende des siècles (1859), il se remet à l'écriture des Misérables, à Guernesey en 1860. L'ouvrage est terminé et publié en 1862.

Motivation [modifier]
Les Misérables est à la fois un roman réaliste, un roman épique, un hymne à l'amour et un roman social.

Roman réaliste[2], Les Misérables décrivent tout un univers de gens humbles. C'est une peinture très précise de la vie dans la France et le Paris pauvre du début du XIXe siècle. Son succès populaire tient au trait parfois chargé avec lequel sont peints les personnages du roman.

Roman épique, Les misérables dépeignent au moins trois grandes fresques: la bataille de Waterloo (qui représente pour lui, la fin de l'épopée Napoléonienne, et le début de l'ère bourgeoise. Il s'aperçoit alors qu'il est républicain), l'émeute de Paris en juin 1832, la traversée des égouts par Jean Valjean. Mais le roman est aussi épique par la description des combats de l'âme : les combats de Jean Valjean entre le bien et le mal, son rachat jusqu'à son abnégation, le combat de Javert entre respect de la loi sociale et respect de la loi morale.

Les Misérables sont aussi un hymne à l'amour : amour chrétien sans concession de Mgr Myriel qui, au début du roman, demande sa bénédiction au conventionnel G (l'Abbé Grégoire) ; amours déçues de Fantine et Éponine ; amour paternel de Jean Valjean pour Cosette ; amour partagé de Marius et Cosette. Mais c'est aussi une page de la littérature française dédiée à la patrie. Au moment où il écrit ce livre, Victor Hugo est en exil. Aidé depuis la France par des amis qu'il charge de vérifier si tel coin de rue existe, il retranscrit dans ce roman la vision des lieux qu'il a aimés et dont il garde la nostalgie.[3].

Mais la motivation principale de Victor Hugo est le plaidoyer social. « Si les infortunés et les infâmes se mêlent (...) De qui est-ce la faute ? » Selon Victor Hugo, c'est la faute de la misère, de l'indifférence et d'un système répressif sans pitié. Idéaliste, Victor Hugo est convaincu que l'instruction, l'accompagnement et le respect de l'individu sont les seules armes de la société qui peuvent empêcher l'infortuné de devenir infâme. Le roman engage une réflexion sur le problème du mal... Il se trouve que toute sa vie Hugo a été confronté à la peine de mort, il a vu des exécutions à la guillotine. Un des thèmes du roman est donc « le crime de la loi ». Si l'œuvre montre comment les coercitions sociales et morales peuvent entraîner les hommes à leur déchéance si aucune solution de réédification n'est trouvée, c'est surtout un immense espoir en la générosité humaine dont Jean Valjean est l'archétype. Presque tous les autres personnages incarnent l’exploitation de l’homme par l’homme. L'exergue d’Hugo est un appel à l'humanité pour qu'elle ne cesse d'œuvrer à des temps meilleurs :


« Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l’enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles. » (Victor Hugo, Hauteville-House, 1862)

Influences [modifier]
Robert Laffont et Valentino Bompiani signalent dans Le Nouveau dictionnaire des oeuvres de tous les temps, la présence dans Les misérables, de l'influence de Balzac (La Comédie humaine), d'Eugène Sue (Les Mystères de Paris) et des romans-feuilletons[4].

L'intertextualité de l'œuvre de Balzac dans celle de Victor Hugo est en effet signalée par de nombreux analystes[5], [6]. Victor Hugo fait explicitement allusion, à plusieurs reprises[7], dans son roman à l'univers de Balzac qui fut un contemporain avec lequel les échanges furent nombreux[8].

Selon Évelyne Pieiller[9], Les Mystères de Paris, roman-feuilleton à succès paru en 1842-1843, avec ses descriptions des bas-fonds parisiens, ouvre la voie à l'œuvre des Misérables de Victor Hugo. Eugène Sue est en effet un des premiers à regarder les miséreux sans manichéisme et à s'adresser au peuple. Victor Hugo lui rend d'ailleurs hommage dans son roman[10] et poursuit dans la même route, s'attaquant à l'injustice sociale[9].

Les relations entre Victor Hugo et l'univers du roman-feuilleton sont plus conflictuelles. Il ne veut pas que Les Misérables soient édités en roman-feuilleton, comme cela était l'usage pour de nombreux romans populaires, car il est alors en conflit avec le pouvoir en place et condamne la censure de la presse par le pouvoir. Il exige cependant que son œuvre soit publiée dans un format bon marché pour rester accessible. D'autre part, il trouve le style des romans-feuilletons souvent peu travaillé[11].

Enfin, homme de son temps, écrivant une histoire contemporaine, Victor Hugo s'inspire des figures de son époque pour camper ses personnages. Les Mémoires de Vidocq, parues en 1828, qui inspirèrent à Balzac le personnage de Vautrin, semble se retrouver en partie dans les deux personnages antagonistes que sont Jean Valjean et Javert. Le premier correspond à Vidocq l'ancien forcat et le second à Vidocq, chef de sûreté de la préfecture de police. C'est ,du moins, une observation faite par de nombreuses études[12],[13],[14].Cependant, Victor Hugo ne reconnaitra jamais l'influence de Vidocq sur la création de ces personnages[15].

Réception [modifier]
Les deux premiers tomes des Misérables sont publiés le 3 avril 1862 à grand renfort de publicité, extraits de morceaux choisis dans les journaux et critiques élogieuses[16]. La suite paraît le 15 mai 1862. À cette époque, Victor Hugo est considéré comme un des premiers hommes de lettres français de son siècle et le public se précipite pour lire son nouveau roman.

Les réactions sont diverses. Certains le jugent immoral, d'autres trop sentimental, d'autres encore trop complaisant avec les révolutionnaires.[17] Les frères Goncourt expriment leur profonde déception, jugeant le roman très artificiel et très décevant.[18] Flaubert n'y trouve « ni vérité ni grandeur ».[19] Baudelaire en fait une critique très élogieuse[20] dans les journaux mais en privé le qualifiera de « livre immonde et inepte »[21]. Lamartine en condamne les impuretés de langue, le cynisme de la démagogie :« Les Misérables sont un sublime talent, une honnête intention et un livre très dangereux de deux manières: non seulement parce qu’il fait trop craindre aux heureux, mais parce qu’il fait trop espérer aux malheureux »[22] .

Le livre acquiert cependant un grand succès populaire. Traduit dès l'année de sa parution en plusieurs langues (italien, grec, portugais), il reçoit dans ces pays, de la part des lecteurs, un accueil triomphal[23],[24].

Résumé [modifier]
L'action se déroule en France au début du XIXe siècle encadrée par les deux grands combats que sont la Bataille de Waterloo (1815) et les émeutes de juin 1832. On y suit, pendant cinq tomes, la vie de Jean Valjean, du retour du bagne jusqu'à sa mort. Autour de lui gravitent les personnages dont certains vont donner leur nom aux différents tomes du roman, témoins de la misère de ce siècle, misérables eux-mêmes ou proches de la misère : Fantine, Cosette, Marius, mais aussi les Thénardier (dont Éponine et Gavroche) ainsi que le représentant de la loi Javert.

Premières lignes de l'œuvre ou incipit [modifier]
« En 1815, M. Charles-François-Bienvenu Myriel était évêque de Digne. C’était un vieillard d’environ soixante-quinze ans ; il occupait le siège de Digne depuis 1806. »

Tome I : Fantine [modifier]
Dans ce tome s'entremêlent deux destinées : celle de Fantine et celle de Jean Valjean.

Le livre commence par le portrait d'un évêque, Monseigneur Myriel. Il vit très chichement dans son diocèse de Digne en compagnie de sa sœur Baptistine et d'une servante, Madame Magloire. Ce religieux est un juste qui se contente du strict nécessaire pour distribuer le reste de ses économies aux pauvres. Doué d'un amour immense, il laisse sa porte grande ouverte et fraternise avec ceux que la société rejette.

Son destin va croiser celui du personnage central de l'œuvre : Jean Valjean.

Ce dernier est présenté comme un homme n'ayant pu échapper à un destin tragique : acculé par la faim, il en est réduit à voler un pain pour nourrir sa famille. Condamné initialement à quatre ans de bagne il voit sa peine prolongée à chacune de ses tentatives d'évasion. Au bout de dix-neuf ans il retrouve la liberté mais son passé de forçat, matérialisé par un passeport jaune qu'il doit faire reconnaître à la mairie de chaque ville qu'il traverse, le poursuit impitoyablement. Rejeté par tous, il doit son salut à la rencontre de Monseigneur Myriel qui lui offre la nourriture et le repos qu'il cherchait jusqu'alors en vain. Mais Jean Valjean déchiré par son passé, sous l'emprise d'un sentiment de haine et d'injustice et peu conscient de ses actes, vole l'argenterie de l'évêque. S'enfuyant par la fenêtre, il est repris par la gendarmerie, et ramené de force chez Monseigneur Myriel. Devant les gendarmes le religieux épargne Jean Valjean en leur faisant croire qu'il lui a offert son argenterie.

Transformé dans les Alpes, Jean Valjean reparaît à l'autre bout de la France, sous le nom de M. Madeleine. C'est une rédemption complète. M. Madeleine, enrichi honnêtement, est devenu le bienfaiteur puis le maire de la ville de Montreuil-sur-Mer.

Symétriquement à l'ascension de Jean Valjean, à son rachat pourrait-on dire, on assiste à la chute de Fantine, fille-mère qui pour nourrir sa fille Cosette, ira de déchéance en déchéance, jusqu'à la prostitution et la mort.

Ce tome est l'occasion de présenter les personnages qui vont suivre Jean Valjean du début à la fin de ses aventures.

Les Thénardier, qui plongeront de la malhonnêteté et la méchanceté ordinaire au banditisme, à la fois dénoncés comme criminels et plaints comme victimes de la société.
Javert, qui incarne la justice implacable et rigide, qui a mis toute son énergie au service de la loi, sa religion.
Peut-on croire Valjean-Madeleine sauvé, réintégré dans la société ? Victor Hugo ne le veut pas. Pour lui, l'honnêteté ne peut souffrir la compromission. Aux termes d'une longue nuit d'hésitation (tempête sous un crâne), M. Madeleine ira se dénoncer pour éviter à un pauvre diable, un peu simple d'esprit, Champmathieu, d'être condamné à sa place. Tous les bienfaits qu'auraient pu apporter M. Madeleine ne pourraient compenser, selon Victor Hugo, la seule injustice faite à Champmathieu. Jean Valjean échappe cependant à la justice, retourne dans la clandestinité pour respecter une dernière promesse : sauver Cosette actuellement pensionnaire malheureuse des Thénardier.

Tome II : Cosette [modifier]
Dans ce tome, deux livres encadrent l'action, l'un est consacré à la bataille de Waterloo et l'autre à la vie monacale.

Victor Hugo aborde le second tome des Misérables par la bataille de Waterloo qui s'est déroulée 7 ans plus tôt. Le lien avec l'intrigue est très ténu : Les Thénardier auraient sauvé le père de Marius à l'issue de cette bataille. Sous ce prétexte dramatique léger, Victor Hugo place là une réflexion qui lui tient à cœur sur la bataille de Waterloo, bataille qui voit la chute d'un personnage qu'il admire, Napoléon 1er. Depuis longtemps, Victor Hugo est hanté par cette bataille. Celle-ci lui inspirera le poème L'expiation du livre V des Châtiments. Il a refusé à plusieurs reprises de se rendre sur les lieux et c'est seulement en 1861 qu'il visite le champ de bataille et c'est là qu'il termine ce récit épique.

La Parenthèse (avant-dernier livre) que constitue la réflexion sur la vie monacale, la foi et la prière, pour surprenante chez un révolutionnaire comme Victor Hugo, se présente comme une profession de foi. Réquisitoire violent contre l'Église carcan, c'est aussi une apologie de la méditation et de la foi véritable. « Nous sommes pour la religion contre les religions. », précise Victor Hugo.

Le reste de ce tome est consacré à la traque de Jean Valjean. Victor Hugo met dans ce récit toutes ses qualités de romancier dramatique au service d'un suspense prenant, avec rupture de rythme, changement de focalisation. Alternance de période d'accalmie (avec Cosette à Montfermeil, puis à la maison Gorbeau.) et de poursuite haletante. Échappant à Javert à la fin du tome I, Jean Valjean est rattrapé à Paris mais a eu le temps de mettre de côté une forte somme d'argent. Envoyé aux galères, il s'en échappe, retourne chercher Cosette et s'installe à Paris dans la masure Gorbeau. Javert le retrouve et le poursuit la nuit à travers les rues de Paris. Jean Valjean ne trouve son salut que dans le couvent du petit Picpus sous la protection de M. Fauchelevent, un charretier dont il avait sauvé la vie à Montreuil sur Mer. Après un épisode dramatique de fausse inhumation, Jean Valjean s'installe au couvent avec Cosette sous le nom d'Ultime Fauchelevent. Victor Hugo présente un Jean Valjean sublime : la chute ne lui a pas fait perdre les qualités morales qu'il possédait en tant que M. Madeleine : c'est en sauvant un matelot de la noyade qu'il s'échappe des galères; c'est à cause de sa générosité qu'il est repéré par Javert. On pourrait cependant reprocher à Victor Hugo des ficelles dramatiques un peu grosses : le croisement sur le champ de bataille de Thénardier et du père de Marius ou encore la rencontre miraculeuse et opportune de Jean Valjean et du père Fauchelevent.

Tome III : Marius [modifier]
L'action se déroule en 1832. Le père Fauchelevent est mort. Cosette a 17 ans et a quitté le couvent. Le tome s'ouvre et se referme sur le personnage de Gavroche. Victor Hugo se lance dans une longue digression sur le gamin de Paris, âme de la ville dont la figure emblématique est Gavroche, fils des Thénardier mais surtout garçon des rues.

Victor Hugo axe tout le tome sur la personne de Marius en qui il se reconnaît jeune. Il avouera même avoir écrit avec Marius ses quasi-mémoires [25]. On y découvre Marius, petit fils d'un royaliste, fils d'un bonapartiste, qui choisit son camp à 17 ans, quitte son grand-père et fréquente les amis de l'ABC, groupe de révolutionnaires idéalistes, et côtoie la misère.

Son destin croise celui de Cosette dont il tombe amoureux. On peut remarquer à ce sujet la tendresse de Victor Hugo décrivant avec humour et dérision ses premiers émois amoureux. Faisant fi de toute vraisemblance dramatique, Victor Hugo provoque la rencontre de Jean Valjean alias Madeleine - Fauchelevent - Leblanc - Fabre avec Thénardier alias Jondrette - Fabantou - Genflot sous les yeux d'un Marius témoin invisible de la confrontation, dans cette même masure Gorbeau rencontrée au tome II. Superbe face-à-face de deux personnages aux noms multiples qui se cachent de la justice mais dont l'un est descendu jusqu'au fond de l'infamie tandis que l'autre accède à la noblesse morale. Toute la fin du tome est digne des Mystères de Paris avec bande de voleurs et d'assassins, guet-apens, victime prise en otage et menacée, intervention de la police et apparition de Javert. Marius découvre ainsi que le sauveur de son père est un infâme bandit et que le père de celle dont il est amoureux se cache de la police.

Tome IV : L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis [modifier]

La Liberté guidant le peuple- Tableau de Delacroix (1830) ayant probablement inspiré Victor Hugo.Toute l'action de ce tome est sous-tendue par l'émeute de juin 1832 et la barricade de la rue Saint-Denis. Victor Hugo estime même que c'est en quelque sorte là le cœur du roman[26]. Le premier livre replace les évènements dans le contexte historique de la situation insurrectionnelle à Paris au début de l'année1832.

Ensuite se déroulent en parallèle plusieurs vies qui vont converger vers la rue de la Chanvrerie. Victor Hugo précise d'abord le personnage d'Éponine, amoureuse déçue de Marius, ange du bonheur quand elle confie à Marius l'adresse de Cosette ou quand elle défend le domicile de celle-ci contre l'attaque de Thénardier et sa bande, ange du malheur quand elle envoie Marius sur la barricade ou qu'elle lui cache la lettre de Cosette. Éponine martyr de l'amour quand elle intercepte la balle destinée à Marius et qu'elle meurt dans ses bras.

L'auteur renoue ensuite avec le parcours de Jean Valjean et Cosette depuis leur entrée au couvent du Petit-Picpus. On assiste à l'éclosion de Cosette. À la remarque de la prieure du couvent, « Elle sera laide[27]» répond l'observation de Toussaint « Mademoiselle est jolie[28]». Grâce aux informations d'Éponine, l'idylle entre Cosette et Marius peut reprendre rue Plumet initiée par une lettre d'amour (un cœur sous une pierre) et se poursuit jusqu'au départ précipité de Jean Valjean et Cosette pour la rue de l'Homme-Armé.

Victor Hugo complète ensuite le personnage de Gavroche, gamin des rues, spontané et généreux, capable de gestes gratuits (la bourse volée à Montparnasse et donnée à Mabeuf, l'aide apportée à l'évasion de son père). On le découvre aussi paternel et responsable quand il recueille les deux gamins perdus dont il ignore qu'il est le frère.

Tous les protagonistes de l'histoire, ou presque, convergent alors vers la rue de la Chanvrerie et la barricade de la rue Saint-Denis : les amis de l'ABC par conviction révolutionnaire, Mabeuf et Marius par désespoir, Éponine par amour, Gavroche par curiosité, Javert pour espionner et Jean Valjean pour sauver Marius.

Tome V : Jean Valjean [modifier]
Le cinquième tome est celui de la mort et de l'effacement. Mort des insurgés sur la barricade qui a commencé à la fin du tome précédent par celle d'Éponine et de M. Mabeuf et qui se poursuit par celle de Gavroche puis par l'anéantissement de la barricade. Jean Valjean se situe comme un ange protecteur : ses coups de feu ne tuent personne, il se propose pour exécuter Javert mais lui permet de s'enfuir et sauve Marius au dernier instant de la barricade.

Le sauvetage épique s'effectue par les égouts de Paris (l'intestin de Léviathan) que Victor Hugo décrit avec abondance. Échappant aux poursuites et à l'enlisement, Jean Valjean sort des égouts grâce à Thénardier mais pour tomber dans les filets de Javert. Marius, sauvé, est reconduit chez son grand-père.

On assiste ensuite au suicide de Javert et à l'effacement de Jean Valjean. Javert en effet relâche Jean Valjean alors qu'il le raccompagnait, en reconnaissance du fait que Jean Valjean l'avait sauvé lors de l'attaque de la barricade, mais ce faisant Javert ne supporte pas d'avoir manqué à son devoir de policier scrupuleux, devoir qui lui impose de ne pas relâcher un suspect pour raison personnelle, ce qu'il a néanmoins fait. Ne pouvant supporter ce grave manquement à son devoir, et d'avoir remis en cause le principe supérieur qu'est pour lui l'obéissance à la hiérarchie, il décide de mettre fin à ses jours en se jetant dans la Seine (chapitre Javert déraillé - titre d'avant-garde pour l'époque).

L'idylle entre Marius et Cosette se concrétise par un mariage. Jean Valjean s'efface peu à peu de la vie du couple, encouragé par Marius qui voit en lui un malfaiteur et un assassin. Marius n'est détrompé par Thénardier que dans les dernières lignes du roman et assiste, avec Cosette, confus et reconnaissant, aux derniers instants de Jean Valjean.

Personnages [modifier]
Le roman fourmille de personnages. Nombre d'entre eux font une courte apparition et retournent dans l'oubli. C'est une volonté délibérée de Victor Hugo : il cherche à démontrer que la misère est anonyme[29]. C'est ainsi que l'on voit apparaître et disparaître des personnages comme, par exemple, la sœur de Jean Valjean, le Petit-Gervais, Azelma, les frères de Gavroche. Il reste cependant un nombre restreint de personnages dont les destins se croisent et qui font partie du cœur de l'action

Jean Valjean
Marius
Javert
Fantine
Cosette
Les Thénardier
Gavroche
Éponine
Enjolras
En périphérie, Victor Hugo s'attache à certaines autres figures jusqu'à leur consacrer un livre ou plusieurs chapitres. Ces personnages lui servent d'argumentaires pour son plaidoyer ou d'articulation pour son roman.

Monseigneur Myriel : Victor Hugo commence [30] et termine[31] le roman sur l'évocation de Monseigneur Myriel. Il lui consacre tout un livre (Un juste). Il incarne pour Victor Hugo la charité chrétienne et c'est lui le déclencheur de la conversion de Jean Valjean (épisode des deux chandeliers). Evêque de Digne, surnommé par ses paroissiens Monseigneur Bienvenu, il est attentif au bien être des plus misérables et échange même son évêché contre l'hôpital qu'il juge trop petit. Mais Mgr Myriel ne serait pas complet sans sa rencontre avec le conventionnel G [32]. Pour Victor Hugo la sainteté de l'homme de Dieu a besoin de l'éclairage de la révolution pour que sa charité devienne œuvre sociale.
Père Fauchelevent : Paysan aisé, il est petit à petit ruiné et devient charretier. il voue une haine jalouse envers M. Madeleine jusqu'au jour où celui ci le sauve de l'écrasement. Jardinier au couvent de Petit-Picpus, il offre à Jean Valjean et Cosette un abri et un nom.
M. Luc Esprit Gillenormand : c'est le seul grand bourgeois du roman à être autant développé. Victor Hugo lui consacre tout un livre, c'est l'occasion pour lui de décrire la Restauration et les Ultras. Grand-père de Marius, aimant tendrement son petit fils, il se comporte de manière abominable avec son gendre le privant de son fils. Homme d'esprit et homme du monde, il conserve une certaine élégance.
M. Mabeuf, marguillier: C'est lui qui révèle à Marius quel homme était son père. Passionné de livre et pépiniériste amateur, il est l'auteur d'une flore. Homme doux, ruiné par la faillite de son notaire, il sombre petit à petit dans la misère. Réduit à vendre le dernier exemplaire de sa flore, dans un état second, il suit les insurgés et devient le premier martyr de la barricade.
Montparnasse: jeune malfrat de 19 ans, au coup de couteau facile, il est l'un des devenirs possibles des gamins comme Gavroche. Jean Valjean essaiera en vain par un sermon de lui faire réintégrer le droit chemin.
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